La Coupe du monde de la FIFA n’est pas seulement le plus grand rendez-vous sportif de la planète. Pour les entreprises, elle représente aussi un véritable test de gestion des effectifs. C’est le constat dressé par UKG, spécialiste des solutions de gestion des ressources humaines et des équipes, qui estime que l’édition 2026 pourrait entraîner une perte de productivité de plus de 14 milliards d’euros dans les huit marchés étudiés. La France représenterait à elle seule près de 645 millions d’euros de manque à gagner.
L’étude montre que plus d’un tiers des salariés envisagent de modifier leur organisation de travail pour suivre la compétition. Plus d’un quart reconnaissent qu’ils pourraient manquer une partie de leur journée de travail, que ce soit en arrivant plus tard, en quittant leur poste plus tôt ou en s’absentant totalement. À cela s’ajoutent des comportements plus difficiles à anticiper : visionnage clandestin des rencontres pendant les heures de travail, fatigue liée aux retransmissions tardives ou encore baisse de concentration après les matchs.
Un défi opérationnel pour les employeurs
L’ampleur du phénomène apparaît particulièrement marquée en France. Selon l’enquête, 28 % des salariés français prévoient de tester les limites fixées par leur hiérarchie durant la compétition. Ils sont également 28 % à anticiper une présence au travail alors qu’ils seront fatigués ou épuisés. Même le phénomène de la « gueule de bois » post-match n’est pas anecdotique puisque 10 % des répondants français déclarent qu’ils pourraient travailler dans cet état.
Ces comportements ont des conséquences directes sur l’activité. L’absentéisme pèse évidemment sur l’organisation des équipes, mais le présentéisme — lorsque les salariés sont physiquement présents sans être pleinement opérationnels — constitue également un facteur de perte de performance souvent sous-estimé. Dans les secteurs reposant fortement sur des effectifs de première ligne, qu’il s’agisse du commerce, de l’hôtellerie-restauration, du transport ou encore de l’événementiel, la moindre désorganisation peut rapidement se répercuter sur l’expérience client et la qualité de service.
L’étude souligne également un paradoxe intéressant : les managers eux-mêmes figurent parmi les salariés les plus susceptibles d’adapter leur emploi du temps pendant la compétition. Ils sont plus nombreux que les non-managers à prévoir des congés, à demander des changements d’horaires ou à solliciter des ajustements de dernière minute. Une situation qui complexifie davantage la gestion des effectifs au moment même où les organisations auront besoin d’encadrement et de coordination.
La flexibilité comme levier de performance
Au-delà de la seule question de la productivité, la Coupe du monde pourrait également devenir un enjeu de fidélisation. Un salarié français sur cinq affirme qu’il pourrait envisager de chercher un nouvel emploi si son entreprise ou son manager nuisait à son expérience du tournoi. Plus révélateur encore, plus de la moitié des répondants français estiment que leur employeur ne s’intéressera pas réellement à l’événement.
Dès lors, les entreprises les plus performantes pourraient être celles qui accepteront d’intégrer la réalité de l’événement dans leur organisation plutôt que de tenter de l’ignorer. Horaires aménagés, gestion dynamique des plannings, télétravail lorsque cela est possible ou encore espaces dédiés au suivi des rencontres figurent parmi les solutions susceptibles de limiter les perturbations tout en répondant aux attentes des collaborateurs.
La Coupe du monde 2026 s’étendra sur 39 jours et comportera une part importante d’incertitude liée au parcours des sélections nationales. Pour les employeurs, la capacité à ajuster rapidement les ressources disponibles deviendra donc un facteur clé de résilience.
AJ
Méthodologie de l’étude
L’étude a été réalisée pour le compte d’UKG par Censuswide auprès d’un échantillon nationalement représentatif de 8 000 salariés en Australie, en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis, au Mexique, au Canada et aux Pays-Bas, entre le 8 et le 12 mai 2026. Censuswide est membre de la Market Research Society et du British Polling Council, et signataire du Global Data Quality Pledge.
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