Le Salomon EcoTrail Paris a clairement changé de dimension. Pour sa 19e édition, organisée les 21 et 22 mars 2026, l’événement francilien a rassemblé près de 18 500 participants sur l’ensemble du week-end, un volume qui confirme sa trajectoire de croissance et son attractivité auprès d’un public de plus en plus large.
Cette montée en puissance repose en grande partie sur une stratégie d’élargissement des formats. À côté de son épreuve reine de 80 km, l’organisation a renforcé son programme avec un 120 km – nouveauté marquante – mais aussi une palette complète de courses (45 km, 35 km, 30 km, 20 km, 10 km) et d’épreuves de marche nordique.
Le succès de cette diversification est tangible : près de 3 000 coureurs se sont élancés sur le 80 km depuis la colline d’Élancourt, un site désormais identifié comme un marqueur fort de l’événement depuis les Jeux olympiques de Paris 2024. Cette logique d’ancrage territorial, combinée à une arrivée toujours spectaculaire au pied ou au sein de la Tour Eiffel, continue de structurer l’identité du rendez-vous.
Dans le même temps, les formats plus accessibles – notamment les courses de 10 km et 20 km disputées le dimanche – ont contribué à élargir la base de participants, renforçant le positionnement de l’EcoTrail comme porte d’entrée vers le trail.
Des performances sportives qui renforcent la crédibilité
Sur le plan sportif, l’édition 2026 s’inscrit dans une dynamique de densification du niveau. Sur le 80 km, Pierre Fossard s’impose en 5h39’15, confirmant son statut de favori au terme d’une course maîtrisée. Chez les femmes, Anna Carlsson l’emporte en 6h46’20, avec un écart relativement resserré sur ses poursuivantes, signe d’une concurrence accrue.
Le nouveau 120 km a également tenu ses promesses. Corentin Play s’y impose en 8h55’49, tandis que la Norvégienne Anne Luksengaard Mjelva domine largement l’épreuve féminine en 11h28’32, survolant la première édition de ce format.
Les autres distances ont également été le théâtre de performances significatives. Sur le 35 km, Arnaud Michel (2h16’05) et Blandine L’Hirondel (2h26’27) signent des chronos de référence, tandis que Simon Paccard (1h15’02) et Laura Bernard (1h30’44) s’illustrent sur le 20 km. Les formats courts n’ont pas été en reste, avec notamment un 10 km masculin remporté en 35’18 par Abdifatah Mowlid Hassan.
Au-delà des vainqueurs, c’est l’ensemble de la hiérarchie sportive qui tend à se structurer, traduisant une professionnalisation progressive du plateau élite sur un événement historiquement ouvert aux amateurs.
Un modèle hybride entre sport de masse et événement premium
L’un des enseignements majeurs de cette édition réside dans la capacité de l’EcoTrail Paris à conjuguer volume et exigence. En réunissant des milliers de pratiquants sur des formats très variés tout en maintenant un niveau de performance élevé, l’événement confirme son positionnement hybride.
Ce modèle repose sur plusieurs piliers : une forte valorisation du patrimoine francilien, une expérience participant travaillée – notamment via des parcours immersifs mêlant nature et urbain – et une mise en scène emblématique avec la Tour Eiffel comme point d’orgue.
La ferveur observée tout au long du week-end, portée par un public dense sur les zones clés du parcours, témoigne également d’un ancrage local renforcé, élément déterminant dans la consolidation d’un événement de cette ampleur.
Dans cette logique de développement, l’annonce d’une première édition automnale prévue le 17 octobre 2026 ouvre de nouvelles perspectives. Elle traduit une volonté d’inscrire l’EcoTrail dans un calendrier élargi, avec un potentiel de duplication du modèle sur plusieurs temps forts dans l’année.
Alain Jouve
PakarPBN
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