Organiser des Jeux d’hiver en 2030 au cœur des Alpes françaises, c’est miser sur des territoires montagnards fragiles, exposés aux déchets sauvages comme aux regards critiques. Edgar Grospiron, président du COJOP, l’a rappelé : « La montagne n’est pas un décor, c’est un territoire vivant, fragile. » Cette charte s’engage à réduire les déchets à la source et à rendre les sites exempts de pollution post-Jeux, avec des mesures concrètes : tri sur sites, mobilisation de volontaires, interdiction de fumer aux compétitions, et focus sur le réemploi des équipements.
L’initiative n’est pas neuve. Lancée en 2023 par Mountain Riders, la charte a déjà fédéré des acteurs comme l’ANEM ou des territoires alpins. Alpes 2030 s’aligne sur un mouvement collectif, cohérent avec sa stratégie d’achats à impacts dévoilée le 25 mars dernier – privilégiant location, critères RSE et fin des plastiques à usage unique.
Prévisible, mais pas anodin
Dans le paysage des candidatures olympiques contemporaines, cette démarche est presque un passage obligé. Paris 2024 avait ses engagements carbone, Milan-Cortina 2026 sa sobriété énergétique : les JO doivent désormais conjuguer spectacle et exemplarité. Alpes 2030 coche les cases sans surprendre, dans un récit vert bien rodé où chaque annonce renforce la légitimité du projet auprès des territoires, des sponsors et du CIO.
Pourtant, cette signature n’est pas du vent. Elle structure une approche opérationnelle : prévention, sensibilisation, collecte en héritage. La feuille de route environnementale, attendue prochainement avec l’État, précisera les indicateurs chiffrés et les leviers de marché – 2,4 milliards d’euros d’achats à fort impact potentiel. Le vrai défi ? Passer de la charte aux résultats mesurables, dans un contexte où Mountain Riders affiche déjà -7,6% de déchets sauvages entre 2023 et 2025 sur ses sites pilotes.
Vers une exécution exemplaire ?
Alpes 2030 ne réinvente pas la roue environnementale. Mais en s’inscrivant dans une dynamique collective, le COJOP gagne en crédibilité et en outils de suivi. Reste à prouver que ces engagements tiendront la route des neiges : les marchés publics, les sites non-fumeurs et les opérations post-Jeux seront les vrais marqueurs d’une montagne préservée. Pour l’instant, c’est un signal attendu – et bienvenu – d’un projet qui sait que la performance sportive passe aussi par la responsabilité.
AJ
PakarPBN
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